Opération pays lock”: le chef de la police désigne des sites à sécuriser et s’adresse aux policiers

Le directeur général de la police nationale d’Haïti, Michel Ange Gédéon, au 4 ème jours de l’opération pays « lock » a, dans « une note de rappel au personnel policier de la PNH », appelé à « réprimer tout acte de vandalisme » et à « garantir la sécurité des vies et des biens en renforçant la sécurité des bâtiments publics, les locaux et installations d’importance stratégique comme le Parlement, les locaux de la CSC/CA, la DGI, la douane, l’ED’H, la Dinepa, les stations d’essence, la direction de l’immigration et de l’émigration, les ports et aéroports , les locaux des missions diplomatiques et consulaires, le commerce ect.. ».

Le chef de la police, Michel Ange Gédéon, constatant des déferlements de passion consécutifs aux manifestations aux manifestations du 7 février 2019, à aussi appeler les policiers à faire preuve de professionnalisme, à ne pas céder « aux provocations », à respecter les droits humains lors de leurs interventions. « La direction générale de la PNH en profite pour rappeler aux policiers de tout grade et de toutes fonctions que l’institution policière est apolitique. L’heure est donc à l’unité pour faire face à la situation », lit-on dans la note.

La note du directeur général de la police nationale d’Haïti intervient moins de 24 heures après un post de Me André Michel sur compte facebook pour dénoncer un entretien de soixante minutes entre le président Jovenel Moïse et des hauts gradés de la PNH en absence du DG de la PNH. Le président, selon Me André Michel, « a très clairement demandé à ces hauts gradés de la PNH d’utiliser la répression la plus brutale et la plus sanglante pour mater la mobilisation populaire ». «Le président Jovenel Moïse est en train de prendre la voie de la répression politique. En absence du Directeur Général de la PNH, Michel-Ange Gédeon, des membres du Haut commandement de la PNH et des responsables d’unités spécialisées se sont entretenus ce soir (samedi soir) avec Jovenel Moïse pendant environ 60 Minutes. La rencontre a été réalisée dans la résidence privée du président Jovenel Moïse. Le président Jovenel Moïse a très clairement demandé à ces hauts gradés de la PNH d’utiliser la répression la plus brutale et la plus sanglante pour mater la mobilisation populaire en cours à travers le pays. Jovenel Moïse est donc en train de déstabiliser la police Nationale d’Haïti, notre seule force républicaine de maintien d’ordre, pour rester au pouvoir dans l’objectif de continuer à protéger les intérêts des dilapidateurs des 4.2 milliards de dollars américains du Fonds Petrocaribe et de l’oligarchie », lit-on dans le post de Me André Michel

Le journal n’a pas pu contre-vérifier les affirmations de Me André Michel, l’une des figure des l’opposition radicale au président Jovenel Moïse.

La note du directeur général de la PNH intervient aussi après la mort par balle d’un adolescent non loin de l’hôpital général. Il y avait des accrochages entre des manifestations et des agents de l’ordre. Les manifestants lançait des pierres quand l’adolescent qui aidait sa mère a été atteint par balle ont rapporté des témoins. La photo de la mère de la victime assise sur le cadavre encore chaud de son fils a suscité émoi et colère. Dans un message audio partagé via whatsapp, on entend un individu appelé le peuple à s’attaquer aux policiers et aux membres de leurs familles en représailles à l’adolescent de abattu dans les parages de l’HUEH.

Le directeur de la PNH, en instruisant les policiers à sécuriser le commerce et les bâtiments stratégiques, semble anticiper afin de ne pas essuyer des critiques après les pillages et les actes de vandalismes lors des évènements du 6, 7 et juillet 2018.

Depuis le 7 février, Port-au-Prince et la plupart des villes sont en effervescences. La population gagne les rues pour exiger de meilleures conditions de vie et le départ du président de la République. Dans certaines zones, la police nationale est prise au dépourvu comme cela a été le cas à Carrefour samedi lors d’une manifestation improvisée.

Le directeur général de la police nationale avait déjà invité les policiers les policiers à la prudence et à la vigilance à l’occasion des manifestations prévues pour le jeudi 7 février 2019. Il leur a enjoint de maitriser tout brigand qui aurait mis en évidence la moindre velléité d’infiltrer les manifestations à des fins de désordre, de violence et de pillage.

« Policiers, policières, soyez sur vos gardes ! Entourez-vous de mesures de sécurité personnelles. N’évoluez pas en solo ! Soyez toujours en surnombre face aux brigands ! Privilégiez l’esprit de corps et l’esprit d’équipe pour mieux accomplir votre mission. Le pays compte sur vous. Vous ne pouvez pas faillir à votre mission. Restez vivants pour protéger la vie et les biens ! Restez ensemble pour survivre ensemble ! Restez vivants pour qu’Haïti ne meure pas », a exhorté Michel-Ange Gédéon dans un message.

Robenson Geffrard
Auteur

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