Ne vous laissez pas duper, le drapeau c’est nous!

par Gumais Jean-Jacques
Haiti n’a jamais eu un problème de drapeau. La problématique des grands défis contemporains ne réside guère dans les couleurs de notre bicolore. Qu’il soit bleu et rouge, noir et rouge, verticalement ou horizontalement disposé, nos politiciens démagogues et populistes de métiers s’en servent toujours pour tirer profits et nous accouchent misère et pauvreté en guise de développement et prospérité.

En effet, La conscience nationale n’a pas de couleur. Elle transcende les clivages politiques et les époques en guidant inéluctablement un peuple vers son glorieux destin humaniste digne de son histoire et de ses aspirations souveraines.

A cet effet, La dignité d’un peuple s’élève toujours à la dimension de son bien être. Le symbole de cette dignité immortalisé par l’emblème national ne saurait être un drapeau souillé par la honte déshumanisante de la pauvreté, l’indignité accablante de la misère, la trahison odieuse de nos leaders et l’insouciance minable de nos élites.

Plus d’un demi siècle de démagogie économique: De 1957 à nos jours, tous les projets socio-économiques de nos dirigeants n’ont accouché que deux résultats: Enrichissement des clans présidentiels et ceux de l’oligarchie traditionnelle et bien évidemment, la fuite de la classe moyenne et enfoncement des masses dans l’abîme infernal de la crasse.

En réalité, le noirisme duvalierien sous l’égide du drapeau Noir et rouge n’a pas changé les conditions socio-économiques miséreuses de la paysannerie haïtienne.

Contrairement à ce rêve enchéri par plus d’un, le Noirisme politique et économique a chassé la classe moyenne vers l’Europe et l’Amérique du nord et a provoqué le phénomène de bidonvilisation avec ces fameuses cités: cité Simone, cité soleil, cité sauvel, Raboto,etc…Tous ces cauchemars urbanistiques caractérisant la descente en enfer des masses populaires ont vu le jour sous la dictature pendant que la pourpre et la luxure faisaient grandes dames au Palais.

Il en est de même au temps cette démocratie rachitique et anarchique. Le retour du règne du bicolore Bleu et rouge a plutôt empiré le sort du peuple haïtien. Jamais un peuple n’a été domestiqué, asservi, humilié par de violations constantes de ses droits humains les plus élémentaires.

Les indices de développement humains (IDH) sont quasiment catastrophiques et passé au rouge: Un système de santé démodé, la mortalité maternelle n’a pas diminué, soit 350 pour 100 000.

Chez les adolescentes le taux de natalité est autour de 37,5 pour 1000. L’offre scolaire et la qualité de l’éducation totalement inadéquates, l’espérance de vie Haïtienne est environ 63.6 ans et un taux de croissance négative pour un Revenu National brut de 1665 USD . Durant ces trente dernières années, Les divers régimes politiques qui se sont succédé, ont pratiquement officialisé l’injustice sociale, la corruption, l’impunité et la mauvaise gouvernance comme modèle de leadership par excellence pour enterrer à genoux le peuple Haïtien.

En définitif, tout pouvoir ou tout régime politique, quelque soit son système de gouvernance, son régime constitutionnel, son emblème adopté et ses couleurs officialisées; La dignité nationale symbolisée par un drapeau quelconque doit être inconditionnellement matérialisée par la volonté manifeste et le souci noble de pouvoir au bien être collectif et à l’amélioration des conditions de vie des plus démunis.

Dans cette réalité funeste de consternation généralisée, d’absence de morale publique, de honte internationale et d’un imminent éclatement social; Un patriotisme follement aveuglé par du fanatisme politique ou de simples passions pour des couleurs bleu et rouge ou noir et rouge, ne pourra en aucun cas combler ces déficits de valeurs existentielles que connait ce peuple terrifié par ces politiciens qui ne cessent de nous diviser au profit de leurs intérêts mesquins oubliant que c’est nous le drapeau. Pourtant, nous avons été mis en berne depuis bien des décennies. Alors, Ne vous laissez pas duper!

Gumais Jean-Jacques
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