Finances publiques : le rapport de Boulos m’a bouleversé! par Joel Leon

Comment un rapport de Reginald Boulos m’a bouleversé!

Reginald Boulos, un homme d’affaires et politique, qui a une présence soutenue dans les médias au cours de l’année se veut transparent. En ce sens, il a publié au mois de mars dernier un joli tableau, dans lequel il a fait état du montant que le groupe Boulos a payé à l’état haïtien pour l’année fiscale 2017-2018.

Le tableau a démontré que les entreprises dont Reginald Boulos détient au moins 50% des actions, ont payé la rondelette somme de 18 millions de dollars américains à l’état haïtien.

Après avoir lu cette information, je me suis dit que l’état haïtien n’est pas riche certes, mais il a de quoi faire face aux dépenses publiques, telles que: payer à temps les fonctionnaires, les policiers, professeurs d’écoles… pour ne citer que ceux-là.

Si un seul homme d’affaires arrive à payer 18 millions de dollars à l’état haïtien en un an, qu’en est il des autres entrepreneurs ?

L’homme le plus riche d’Haïti est Gilbert Bidio, le chef du groupe Bigio. Il est 4 fois billionnaire. Il est juif, ce qu’il aime à répéter avec fierté et à quoi il doit son allégeance. Combien de taxes le groupe Bigio paie-t-il annuellement à l’état haïtien?

Denis O’brien, le propriétaire de Digicel a une fortune estimée à 6.8 billions de dollars. Cet Irlandais est presque en possession d’un monopole non dévoilé sur la téléphonie mobile en Haïti. Combien d’argent Digicel déverse-t-elle annuellement à l’état haïtien?

La NATCOM, deuxième grand fournisseur de téléphones cellulaires en Haïti, qui possède 60% de l’ancienne compagnie d’état Téléco démolie sous René Préval, combien d’argent paie-t-elle annuellement à l’état haïtien?

Les taxes de $1.50 plus les 5 centimes que la diaspora haïtienne paie sur les transferts d’argent et appels téléphoniques vers Haïti, rapportent annuellement environ 250 millions de dollars américains à l’état haïtien et dont les responsables de l’état refusent de rendre des comptes. Pourtant, il y a un ami qui a déclaré que les 250 millions de dollars représentent l’argent de poche du président de la république.

Je prends seulement quelques cas, juste pour donner une idée sur l’état financier de l’état haïtien. Je suis convaincu que “ grès kochon te ka fri kochon an “. Cette opinion est confortée par un ancien gouverneur de la banque centrale dans les années 90, qui veut garder l’anonymat. Il m’a confié que l’assiette fiscale du pays n’est pas aussi maigre qu’on le prétend. Il m’assure que si le gouvernement haïtien adopte les systèmes et principes de la bonne gouvernance, il est possible que 35% du budget soit alloué au développement contre 65% au fonctionnement actuellement.

Il propose, entre autres, d’abord la suppression des franchises douanières, cela coûte plus de 2 milliards de dollars à l’état haïtien. C’est surprenant, car le budget 2017-2018 est de 2 milliards de dollars américains. Donc, l’état haïtien décide délibérément d’handicaper le pays de 2 milliards de plus au profit des amis coquins du secteur privé. Donc, une gestion saine des finances publiques pourrait quintupler le budget national.

Comme conséquence, le peuple vit dans une crasse vertigineuse. L’analphabétisme et le chômage endémique, deux fléaux qui gangrènent l’avenir d’une jeunesse fuyant son propre pays par millions.

Je ne suis pas économiste. Le rapport financier du groupe Boulos avait attiré mon attention jusqu’à enquêter et réfléchir sur la mauvaise foi de nos dirigeants.

Je ne prends pas en compte l’aide internationale, ni les prêts. Je ne mentionne pas la contribution de la diaspora qui vient de battre tous les records au cours de l’année 2018, avec 3.2 milliards de dollars américains envoyés en Haïti.

Il faut se rendre compte aussi que j’ai fait choix de ne pas considérer les fonds petwokaribe, totalement dilapidés.

Chers frères et sœurs, le gouvernement haïtien est le problème d’Haïti. Pourtant, il devrait être le contraire. Comme je ne me fatiguerai jamais de le répéter, Haïti a un problème politique qui ne peut plus attendre. Il nous faut d’autres dirigeants ayant le sens de l’histoire et prêts à se sacrifier pour transformer Haïti.

Le patriotisme d’abord!

Que la volonté du Dieu tout-puissant soit faite!

Joel Leon

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