Darbonne : L’État doit investir dans la production nationale

Réouverture de l’Usine Sucrière de Darbonne : étape nécessaire vers le développement économique d’Haïti (Partie II) 
par Bobb RJJF Rousseau, PhdPolitiques Publiques et AdministrationManagement de Gouvernement Local

La fermeture de l’Usine Sucrière Jean Léopold Dominique de Darbonne (USJLDD) à Léogâne prouve que l’Etat Haïtien n’entend pas investir, et de fait, n’investit pas dans la production nationale ; premier facteur de développement et de liberté économique, de décentralisation et d’antidote contre la migration domestique, l’injustice sociale, l’insécurité et la décote de la gourde

Inaugurée à Léogâne en 1983 par Jean-Claude Duvalier, l’USJLDD est, depuis 1998, un symbole de mauvaise gouvernance et d’échec gouvernemental.

Néanmoins, le planteur ou le distillateur de la commune de Léogâne, l’économiste ainsi bien que l’agronome, interviewé au hasard ou par convenance, soutiendrait que le développement économique d’Haïti ne peut commencer qu’avec la réouverture et le plein fonctionnement de cette usine. La réouverture de l’usine facilitera la relance de la production de la canne dans la région des palmes.

Elle offre d’innombrables opportunités pour des investissements et partenariats publics-privés pour l’acquisition de machineries nécessaires vers la réparation d’infrastructures, le raccommodage d’équipements et la mise à jour de logistiques, à savoir des ouvrages d’irrigation, de drainage et de routes menant vers l’usine.

Elle sera le moteur principal de création de plus de 10.000 emplois agricoles et industriels à travers le pays. Elle sera en outre importante pour l’éducation et la formation des fermiers vers l’adoption de pratiques agricoles effectives et modernes. Elle sera nécessaire pour l’établissement d’un programme de crédit agricole, la mise en place de programmes sociaux et la réhabilitation des services publics et institutions sociales et médicales desservant l’ensemble de la région des palmes.

Des études indépendantes et jointes conduites par la BioTek Haïti S.A, la Banque Interaméricaine de Développement (BID) et des firmes de l’Etat Haïtien ainsi que des analyses et évaluations techniques, économiques et financières conduites par des experts en production végétale, corroborent avec véhémence que la réouverture de l’usine remettrait Haïti dans l’ère de la croissance économique et de soulagement de pauvreté individuelle. Ces études et analyses ont démontré que la plaine de Léogâne a le potentiel d’atteindre l’autosuffisance économique, car la réouverture de l’USJLDD serait une corne d’abondance pour la promotion et le maintien de la production nationale.

Elles ont recommandé la restructuration de l’usine comme une action gouvernementale puisque cette réouverture serait rentable et revitaliserait plus de 20 000 hectares de terre dans la région, à raison d’environ de 4 000 hectares par an allant sur une période de cinq ans.  Se basant sur les études, analyses et évaluations techniques suscitées, BioTek a présenté au gouvernent haïtien un plan convaincant de relance de la production de la canne-à-sucre à Léogâne.

A travers son projet, évaluant à peu près à $55M, BioTek s’engage à financer le projet des réparations de l’usine, augmenter de 3 000 tonnes par jour la capacité maximale de broyage de l’usine et du même coup accroître le volume de la production de canne à sucre d’une moyenne annuelle de 32 875 tonnes métriques à 540 000 tonnes métriques et étendre la capacité électrique existante de 3 MW à 20 MW.

De 2008 à 2012, BioTek a conclu quatre accords contractuels commerciaux consécutifs avec le gouvernement haïtien et a sécurisé un protocole d’entente avec plusieurs institutions financières pour le financement du projet. Elle a un partenariat et un accord juridiques avec le Mouvement des Cultivateurs et Distillateurs de Léogâne (MKDL) ; une association d’agriculteurs et distillateurs de la Région des Palmes incluant les communes de Gressier, Léogâne, Grand-Goâve et Petit-Goâve, pour la culture de la canne à sucre et la reviviscence de plus de 20 000 hectares de terres avec des possibilités d’élargissement vers les régions de Nippes et d’Aquin.

Jusqu’à présent, le projet est bloqué à cause de plusieurs autorités locales qui soutiennent que l’usine n’est pas à vendre et que l’usine est la responsabilité de l’Etat Haïtien, non pas du secteur privé. Néanmoins, l’hors d’une interview avec plusieurs experts et spécialistes appropriés, le Député de la circonscription de Léogâne s’était farouchement opposé à la réouverture de l’usine et a ainsi déclaré qu’il préfèrerait la bruler que de laisser sa gestion et son fonctionnement à des mulâtres. La position du Député circonvient la volonté de deux administrations qui ont exhibé publiquement leur concurrence à la réouverture de l’USJLDD.

Aujourd’hui encore, plus que dix ans que les premières négociations ont commencé, la réouverture de l’usine demeure un vœu pieux à cause d’un manque de conscience de la part des autorités locales, laissant ainsi Haïti dans le chômage et la misère et robant la population d’un minima de vie normale.

La réouverture de l’usine permettrait la reprise du zafra qui cette fois durerait dix mois au lieu de cinq mois, une alternance en broyages de canne et de sorgo doux, la formation continue des cadres de la cité et un programme d’échange de connaissances et d’expériences entre des médecins étrangers et haïtiens.

Bobb RJJF Rousseau, PhD
Public Policy and Administration
www.duhaiti.centerwww.bobbrousseau.info

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